07.04.2008
Je me souviens...
Je me souviens de l’école en Algérie.
Je me souviens de la finale de la coupe du monde.
Je me souviens de mon grand frère qui me coupait les cheveux.
Je me souviens de mon papy quand il venait avec les courses.
Je me souviens du ramadan là-bas.
Je me souviens du jour où j’ai pris le bateau pour venir en France.
Je me souviens la beauté et le changement de paysage. L’Espagne, la France.
Je me souviens du jour où j’ai revu mon oncle.
Je me souviens quand je suis rentré en sixième, ici.
Je me souviens de la première nuit à l’internat.
Je me souviens des déménagements.
Je me souviens du jour où ma mère est rentrée à l’hôpital.
Mounir
13:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.03.2008
acrostiches avec mots piochés
Suicide, c’est le nom de mon chien
Un bâtard trouvé dans la rue
Il me suit à la trace
C’est mon seul ami
Il est très fidèle mon chien
Dès fois j’essaie de le semer
Et il revient toujours
Suicide, c’est mon seul ami
(Julien)
F...
U...
G...
U...
Etre enfin chez moi
(Stéphanie)
08:39 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.03.2008
Liste des endroits où j’ai dormi (d'après Perec)
Mes nuits :
Nuits blanches
Nuits trop longues
Nuits trop courtes
Nuits attaché au lit
Nuits dans la cellule
Nuits avec cauchemars
Nuits avec violence
Nuits attaché au lit, encore
Nuits tout seul
Toujours
(Rémy)
J’ai dormi :
sur la moquette
dans la roulotte
dans la caravane
sur le carrelage
à l’hôpital
dans le placard
jamais dans mon lit
(Laura)
15:46 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Portraits
Premier atelier au service Adolescents de l’hôpital
Je t'aime maman
O ça pue la vie ?
Se suicider, ça sert à rien ?
Et toi et moi, c’est vraiment beau ?
José
Réfléchir pour écrire
Ecrire pour réfléchir
Mourir pour survivre
Y’a tous ces mots qui reviennent constamment.
Rémy
15:44 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29.02.2008
quand vient le soir à l'hopital...
L’association les murs d’Aurelle existe depuis 1991, elle assure le fonctionnement de la Maison des Expressions : lieu de pratiques artistiques, réservé aux personnes qui ont croisé ou croisent le soin psychiatrique. C’est un projet à l’articulation du soin et de la création artistique.
Les vieux se sont couchés. Dans la cheminée, le feu crépite encore. Sur la table, il reste des miettes, c’est la fête aussi pour les souris ce soir. Il pleut, limaces et escargots se promènent. Les badauds rentrent chez eux après un dernier verre.
Une jeune fille sort sous la pluie, elle pleure. Deux amants s’enlacent et se mettent au lit. Un vieux nettoie son dentier et éteint la salle de bain. Une mère couche son enfant et l’embrasse sur le front. Un passant passe devant la jeune fille assise sur le trottoir ; la nuit sera bonne, le dentier est propre...
Le soleil se couche, et si demain il se levait à l’ouest. Les rues sont pleines de passants oisifs. Qui peut bien travailler encore ? Des jeunes fument un joint pour sortir d’un monde poubelle. Tu restes là à contempler le vide de ta vie. Fais comme les chiens, bouge, tu verras du pays !
Aydil Génésis
17:53 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01.12.2007
Ecrire à partir d'une photo d'Odile Pascale

En cas de naufrage, l’enfant suit les poissons qui suivent les cadavres.
Sophie
14:55 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30.11.2007
Ecrire à partir d'une photo d'Alice Sidoli

Fuir vaudrait mieux, mais les eaux t’environnent. L’enfant sur son île sait qu’il n’y a pas d’issue.
Géraldine
14:45 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.04.2007
... et je nageais jusqu'à la page
Elisabeth Bing, pionnière des ateliers d’écriture en France, tire le bilan de ses premières expériences d’ateliers avec des enfants en difficultés dans les années soixante, et offre ainsi l’essence et les fondements du travail d’animateur :
" Déconcertée (démunie) au point de n’être qu’un regard, il me semble n’avoir plus le temps d’apprendre autre chose. Etre et lire ce que livre ce regard. Tombée là presque par hasard, en demeure d’inventer un métier, j’ai utilisé et investi ma propre perdition. Les enfants, leurs visages, leur maladie me pénétraient dans les yeux comme la guerre. Ils ont traversé la passoire. Longuement mon travail se borna à colmater les brèches. Combler les trappes de peur où la résistance rencontrée me précipitait. Et l’attente démesurée de ces êtres avides, vides, déchirés, hors d’eux-mêmes, que tout blessait _ même le plaisir_ était plus que menaçante. Les textes furent toujours comme saisis au vol, arrachés au drame, captés hâtivement entre deux orages... Mais dans cette menace même j’ai puisé l’énergie de la lutte. Abandonner le ressort de la joute était à coup sûr être détruit. Je n’étais _ et ne cessai de me dire_ que je n’étais avancée sur eux que par un phénomène de nature sans importance, l’âge. Je n’étais avancée sur eux que par l’habitude de ma lutte de survie qui s’était identifiée à l’écriture même. De cette expérience j’ai fait part. Tombés dans mon regard, ils me ramenaient à moi-même, au long cheminement tôt entrepris pour transgresser un ordre exsangue, c’est-à-dire scandaleux. Je n’avais que moi et n’ai donné que moi, mais cette indigence même m’a conduite à laisser vibrer en moi leur désir pour leur en retourner l’écho. Mon rôle était d’être attentive. Ce fut celui d’avoir un regard et je crois qu’il est essentiel. "
13:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.03.2007
Faire parler le feu
Un texte de Michel Séonnet, écrivain qui écrit, écrivain qui anime l'écriture, et les ateliers d'écriture :
Ecrire.
Il y a au moins trois aspects de l'écriture qui font qu'un écrivain a quelque chose en commun avec ceux qui sont sans mots.
Un écrivain, c'est d'abord quelqu'un qui joue sa peau dans ce qu'il écrit. Les personnes avec qui je travaille, aussi. Ni pour elles ni pour moi il ne s'agit d'un jeu gratuit. Ce n'est pas pour amuser la galerie. Pour raconter des histoires qui font joli. Avec "eux" on est toujours à l'essentiel, là où il y a la blessure, là où il y a la question.
Deuxièmement, je crois qu'écrire, c'est toujours le début du livre de la Genèse qui recommence. Au début il y a le tohu-bohu, le chaos. Et au dessus, l'esprit qui plane. Je crois qu'écrire c'est ça. C'est essayer de mettre un peu d'esprit dans le tohu-bohu ambiant. Surtout pour des personnes comme celles-ci qui vivent dans le tohu-bohu le plus complet. Les mots et les phrases peuvent leur apporter une certaine conscience de l'univers dans lequel elles vivent. Le début d'un ordre.
Enfin, on change de livre mais on reste toujours dans le Premier Testament : écrire est une activité comparable à l'un des actes essentiels de Dieu tel qu'il est dit dans les Psaumes : "Il relève les humbles".
Ecrire sert à relever les humbles.
Lorsqu'au lieu d'éteindre le feu on essaie de le faire parler, on n'est jamais à l'abri d'une surprise. Parfois on y devine même la flamme d'un buisson ardent.
11:38 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.11.2006
Nouvelles citations sur l'écriture
" Il est des expériences auxquelles on ne peut survivre. Des expériences à l’issue desquelles on sent que plus rien ne saurait avoir sens (…). Si l’on continue cependant de vivre, ce n’est que par la grâce de l’écriture, qui, en l’objectivant, soulage cette tension sans bornes. " Cioran
" Quelque chose a eu lieu. Quelque chose a eu lieu dont j’ignore tout. Quelque chose a eu lieu dont j’ignore tout et je voudrais écrire pour dire cette chose. " Christian Bobin
" Ecrire, c’est vouloir oublier que quelqu’un manque, et connaître que toujours quelque chose manque, à l’intérieur des mots ou entre les mots " Michel Schneider
" On écrit avec ce que l'on ne comprend pas. " Geneviève Brisac
"Il faut avec les mots de tout le monde écrire comme personne." Colette
10:33 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
