02.07.2010

Du rêve bordel !

Le mélange périlleux de ce qui est vu et conçu n’est réussi que par ce qui est rêvé.

S.

Je me dérêve des nuits dont je viens.

T.

19.03.2010

j'aime mais...

J’aime le chocolat mais on m’y a contrainte.

J’aime le sang du bifteak mais il colore la purée.

J’aime pleurer mais je ne veux pas m'éteindre.

J’aime compter mais je n’ai pas d’argent.

J’aime les mondanités mais je ne suis pas un chien.

J’aime le ski nautique mais pas en soutane.

J’aime ma sœur mais je ne la vois jamais.

C.

02.02.2010

Durant mon absence...

Durant mon absence, merci de faire à ma place : monter trois fois de suite sur le clocher de l’église ; compter tous les soirs le nombre de marches en entrant dans la cuisine, découper en toutes petites lanières le journal quotidien qui sera dans la boîte aux lettres. F.

Durant mon absence, merci de faire à ma place 100 fois le tour de l’appartement en respirant profondément puis de faire 100 fois le tour de l’appartement en apnée pour ne pas gaspiller l’oxygène. Merci d’intervertir les plantes et leurs pots, ça les fera un peu voyager et dépayser. C’est tellement important pour ces petites bêtes là. Si elles baissent du nez, les repayser dans de nouveaux pots. Elles risqueront moins de dépayser que dans leurs pots paternels ou arrières paternels. Durant mon absence, refuser aussi de réceptionner tout nouveau courrier. Ils pourraient s’avérer explosifs, surtout en braille. Les cacheter dès que reçus. Merci. B.

Durant mon absence, merci de militer contre le nucléaire. Allez au supermarché, celui près du rond-point acheter du jus d’orange. Prenez bien vos médicaments. Continuez à sortir les jeunes et les moins jeunes des impasses de la société. Que le monde continue comme il était. Que les journalistes censurent bien les chansons poèmes livres d’autrefois. Que les instituteurs n’apprennent plus à lire, écrire, compter, qu’ils enseignent la violence et la discrimination. Que tout soit comme toujours après la fin du monde. Que l’on exclue les fous comme de mauvais sujets. Qu’on les accuse de tout. Qu’ils meurent sans provoquer de chagrin. Moi je m’absente pour longtemps. Et je ne suis pas Mozart. K.

27.10.2009

casser la langue

 

« Comment peut-on lire de l’illisible, comment peut-on ainsi « casser » la langue – on dit de Joyce qu’il a « cassé » la langue anglaise – comment peut-on, aussi passionnément que Lacan, chercher à la casser ? À ces trois questions, une réponse : l’amour de la langue. Un amour de la langue qui, inversement à l’amour de l’image – Narcisse en tant que tel n’a pas d’au-delà du miroir où il se mire et où son amour le voue à disparaître – projette le sujet du côté non de la disparition, mais de l’absence, vers le pays où l’on n’arrive jamais. »

 

Bernard Brémond

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11.04.2009

slogans

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« Schizophrénie : j’ai honte d’avoir honte pour rien. » J.L.

« Les ténèbres sont là, mais l’esprit non éteint." E.

 

02.04.2009

une gaie tristesse

« Une gaie tristesse remonte en lui

Des degrés du rêve à ceux du réel.

Et ce sol connu, familier,

Lui semble être banal.

Il a déjà vécu cet instant…

Il allume une cigarette, et s’en va… »

E., hospitalisé depuis quelques années...

01.02.2009

l'herbe

 

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L’herbe

Enervante.

Lourde.

Ennuyante.

C.

le caillou d'Hélène

Je suis sur la planète Mars.

Je ne me souviens plus de quand je suis né.

Les seuls à m’avoir touché, c’était ma famille.

Je n’ai plus de famille.

J’ai un trou, fait par un petit fusil.

Je suis un caillou.

17.12.2008

face aux images

Choisir une image et la raconter à un aveugle.

 

Le titre, ça pourrait être " Oublier le passé ". Il y a un enfant seul qui écoute paisiblement un coquillage avec les yeux fermés, en train de rêver. Il pense à un endroit paisible avec le bruit de la mer en essayant d’oublier ce qu’il a dans la tête. A quoi pense cet enfant ? Quel est donc son passé ?

K.

 

Il y a une chaise jaune avec une pipe à tabac et un mouchoir dessus. La chaise est posée sur le carrelage marron. A droite de la chaise se trouve une grande porte peinte en bleu avec une ligne jaune par-dessus. Derrière la chaise se trouve une espèce de pot de fleurs avec des fleurs dedans. Le peintre est sûrement vieux et malade, pourquoi a-t-il peint ce tableau ?

C.

 

Il y a une mère qui est morte et qui est dans son lit. Au fond de la pièce, des amis se parlent entre eux. Devant, une petite fille est malheureuse que sa mère soit morte. La salle est sombre et noire, et la mère est sous des draps blancs. La petite fille pense qu’elle n’aura plus personne pour vivre car sa mère est morte, et peut-être son père aussi. Elle pense qu’elle a été empoisonnée par quelque chose, et ne pourra plus avoir de bonheur comme avant. Elle pense aussi qu’elle ne survivra pas longtemps dans ce pays. Ca pourrait s’appeler : le malheur d’une famille après un décès. Je me demande qui peut bien être cette petite fille.

A.

03.12.2008

Mon perso, ce sera Momo

Il s’appelle Mohamed. On l’appelle Momo. Il a 16 ans, habillé style racaille. Il est grand, brun, cheveux courts, yeux noisette. Il habite en France, à Paris, dans une banlieue. Sa chambre est petite avec des posters, bien rangée. De sa fenêtre, il voit le bahut. Il a une planque dans une cave aménagée avec ses potes où il cache de la drogue, de l’alcool, comme le font tous les jeunes d’ailleurs. Il habite avec sa mère et son frère. Il écoute du rap et du RnB. Il sait comprendre les choses, même s’il est vulgaire, qu’il brûle des objets et que c’est une brute. Il est assez violent mais sensible à la fois.

Il rêve d’apprendre à lire car son plus grand malheur est de ne pas savoir lire. Ce qu’il déteste le plus au monde, c’est pourtant le bahut et les profs. Il aimerait avoir le pouvoir magique de lire les réponses des contrôles à l’avance. Il ne veut pas mourir mais s’il le devait, ce serait en héros. La dernière fois qu’il a pleuré, c’était devant la prof qui va l’aider et la dernière fois qu’il s’est disputé, c’était avec son prof de math.

S’il était un animal, il serait un bébé puma. Puma parce qu’il est sensible et violent et bébé parce qu’il est timide.

S’il était une couleur, ce serait le noir, parce qu’il voit tout en noir, comme moi.